Le tabernacle de l'église Ste Madeleine de Castetner

Par arrêté préfectoral du 7 janvier 2005, le tabernacle de l'église de la commune de Castetner est inscrit à l'Inventaire supplémentaire des objets mobiliers classés au titre des Monuments Historiques.

Cette petite armoire, flanquée de part et d'autre de quatre gradins, le tout sculpté, peint ou doré, destinée à recevoir les hosties consacrées, a été fabriquée en 1741-42, sous le règne de Louis XV. C'est sa première spécificité. Le tabernacle de Castetner est à double entrée et identique à l'endroit comme à l'envers.

Cette dernière spécificité montre qu'il provient d'un couvent. En effet, dans les chapelles des monastères, les religieux (ou religieuses) cloîtrés étaient, séparés des fidèles. Le tabernacle à double entrée, permettait l'accès aux "saintes espèces" de part et d'autre. Le tabernacle à double entrée était posé sur une table d'autel également double. Ceci permettait aux religieux de célébrer de leur côté les offices à l’abri des regards des fidèles qui ne pouvaient pas y participer.

Il a été "Redoré en 1822 par Montaut père à Oloron". Il arrive à Castetner 18 ans plus tard.

 Le 7 mai 1840, le Conseil Municipal demande l'autorisation à Monsieur le Préfet de vendre "un terrain communal, jadis en nature de bois à haute futaie et actuellement inculte" le 6 février 1841, le même Conseil indique que : " la Commune a acheté un autel de la ville d'Orthez pour une somme de trois cents francs, montant du prix de l'adjudication du terrain que la Commune a vendu...

Le tabernacle a été "retouché par Dufau Hyppolite d'Orthez l'an 1881 ", sûrement à l'occasion du centenaire de l'église, construite en 1771.

Il a été rénové en 1981 lors du réaménagement de l'église à l'occasion de la réforme liturgique.

L'autel de l'église Sainte-Madeleine de Castetner vient d'une église d'Orthez et sûrement d'un couvent d'Orthez. Peut-être celui des Jacobins ? Nous n’avons aucune information pour confirmer ou pas cette hypothèse

Ce classement a été obtenu grâce aux actions conjuguées de la Commission diocésaine d'Art Sacré et de l'Association des Amis des Églises Anciennes du Béarn (AEAB).


Philippe Crabé d’après les informations fournies par Maurice Rathier